Fondation René Moawad (extraite de la publication «Programme National pour le renforcement de la participation de la Femme dans la vie politique»)


Selon les informations disponibles pour l'année 2000, 230 femmes sont détenues au Liban. Les lieux de détention ont une capacité totale d'absorption de 135, soit un taux de surpopulation carcérale de 70%. Aucune des prisons de femmes au Liban ne correspond aux critères définis par les normes internationales. Les locaux de détention ne sont pas conçus à l'origine pour être des prisons, ce sont des rez-de-chaussée d'immeubles, des cellules dans des casernes militaires. Les conditions de détention sont une contradiction permanente du principe de dignité humaine, les mineures ne sont pas séparées des adultes, aucune mesure promouvant la réhabilitation n'est effective.


Liban

 Etranger

 LIBAN

Les femmes dans les prisons libanaises
Mona Chemali Khalaf
Directrice de l'Institute for Women's Studies in the Arab World,
Lebanese American University




L'Institute for Women's Studies in the Arab World de la Lebanese American University (LAU) a entrepris, en coopération avec Dar al-Amal et grâce à un soutien financier du Mercy Corps International, une enquête dans quatre prisons libanaises pour femmes situées à Baabda, Beyrouth (Barbar al-Khazen), Tripoli et Zahleh, entre février et mai 1999.

Des résultats de cette enquête, on peut :

Dresser le profil des femmes incarcérées

1.  Le nombre des prisonniers était, au moment de l'enquête, de 167.

2.  La majorité des femmes incarcérées est libanaise (60,9%).

3.  Plus de deux tiers d'entre elles sont musulmanes (67,7%), alors que les chrétiennes représentent 26,1% du total.

4.  Les femmes sont relativement jeunes. La majorité d'entre elles (53,4%) ont 30 ans ou moins, avec une forte concentration dans la tranche d'âge de 22 à 30 ans (33,5%).

5.  Un tiers à peu près des femmes détenues (30,4%) sont analphabètes, 16,1% ont atteint le niveau d'étude secondaire et 5% le niveau d'étude universitaire.

6.  Presque la moitié d'entre elles est mariée (48,4%), environ une sur cinq est célibataire (21,2%), tandis que le pourcentage de veuves et divorcées est pratiquement identique (respectivement 13,7% et 13%). 58.4% des femmes mariées ont moins de trois enfants.

7.  Une femme mariée incarcérée sur cinq ne connaît pas l'adresse où résident ses enfants, et plus de la moitié d'entre elles ne veut ou ne peut récupérer ses enfants une fois libérée, du fait de l'incertitude de l'avenir.

8.  Plus de deux tiers (67,7%) des femmes détenues travaillaient avant leur incarcération dans des emplois précaires, ne nécessitant ni une formation spécialisée ni un niveau d'éducation particuliers : 30,4% d'entre elles étaient femmes de ménage ; 28,6% étaient employées aux plus bas échelons.

9.   Le revenu des femmes avant leur incarcération était réparti selon l'échelle suivante :

Echelon de salaire
   (en livres libanaises)1

%

50 000 - 100 000
5,6
150 000 - 300 000
32,9
500 000 - 1 000 000
10,6
1000 000 - 2 000 000
1,9
1) 1 USD = 1500 LL


10.   26,7% seulement des femmes recevaient une formation en prison.

Il est à noter que le profil ci-dessus est représentatif des femmes interviewées durant la période de l'enquête. Le turnover des détenues affectera sans doute leur futur profil.

Evaluer les conditions de détention

Les conditions de vie
Les locaux de détention n'ont pas été conçus en tant que prisons. Ils sont soit des rez-de-chaussée d'immeubles résidentiels, soit une partie de bâtiments gouvernementaux. Les cellules sont très petites et 20 femmes en moyenne vivent dans chacune d'elles. Les cellules ne sont pas équipées de lumière adéquate, de ventilation appropriée ou de salles de bain propres. Les mineurs partagent les cellules des adultes, et les détenues celles des condamnées.
Il n'y a ni lit où dormir, ni chaises pour s'asseoir. Chaque prisonnière dispose d'un simple matelas en éponge de 90 centimètres pour dormir et s'asseoir. De plus, les prisonnières n'ont droit à aucune sortie, et ne disposent d'aucun espace récréatif. Elles n'ont pas de place pour se déplacer, et ne disposent d'aucune activité qui pourrait rendre leur détention productive.
De plus, la qualité de la nourriture est inadéquate. Un seul repas, de maigre qualité, est servi par jour. Aucun espace de réfrigération (sauf dans la prison de Baabda) n'existe pour maintenir la nourriture comestible.
L'aide médicale est quasiment inexistante. Les femmes ne sont envoyées à l'hôpital ou assistées par un praticien qu'en cas d'extrême urgence.


L'aide juridique
Très peu de détenues sont soutenues financièrement par leurs familles et disposent de bons avocats pour prendre leur dossier en charge. Les plus délaissées d'entre elles se voient attribuer un avocat par le gouvernement, en général peu scrupuleux dans son travail et qui n'assiste même pas, dans la plupart des cas, aux séances. Ce manque d'aide juridique contribue souvent au prolongement de la période de détention. Actuellement, 72% des prisonnières sont détenues, et seulement 28% sont condamnées. Il existe des cas de femmes détenues pendant deux ans, qui finissent par être relâchées, faute de preuves

Les visites des proches
Les prisonnières peuvent recevoir des visites les jeudis et samedis. Mais près de 40% des femmes ont été complètement abandonnées par leurs familles et ne reçoivent aucune visite.

Le personnel carcéral
Le nombre du personnel s'occupant de ces prisons est relativement peu élevé comparé au nombre de détenues. En outre, aucun d'entre eux n'est qualifié ou formé pour un tel travail.

Les femmes libanaises incarcérées sont donc privées de leurs droits humains les plus fondamentaux, et des mesures doivent être prises pour améliorer leurs conditions de détention et les préparer à réintégrer la société après leur mise en liberté.

Plan d'action suggéré

Au niveau curatif
L'un des problèmes principaux auquel sont confrontées les femmes en prison est l'inexistence d'activités qui pourraient leur permettre d'utiliser leur période d'incarcération de manière positive et productive, afin de les préparer à rejoindre le marché du travail une fois libérées. De même, un programme de formation spécialisée leur permettrait de produire des biens commerciaux et serait lié à la structure du marché et son évolution selon l'offre et la demande. Il y a lieu de signaler que l'Institute for Women's Studies in the Arab World a effectué une étude pour déterminer les besoins du marché.
En outre, ces suggestions, parmi d'autres, peuvent être prises en compte : l'introduction d'un programme d'alphabétisation, l'organisation d'ateliers de réflexion sur les problèmes de santé, sur les droits civiques...
Il est aussi recommandé qu'une coalition d'ONGs s'organise en centre d'accueil volontaire pour les prisonnières, une fois libérées. Une telle coalition serait en charge de développer une communauté fondée sur la réhabilitation, pouvant permettre aux femmes de réintégrer leur milieu social.


Au niveau préventif
L'action ne doit pas se limiter au niveau curatif ; il est important de l'étendre au niveau préventif. Une telle action serait centrée sur :
- la sensibilisation du public aux problèmes des femmes en prison, - la création d'une coalition d'ONGs pour travailler avec de jeunes prédélinquants pour leur éviter de tomber dans le piège de la spirale carcérale.

 ETRANGER

Les femmes en prison : chiffres et conditions de détention



Aperçu global de la population carcérale mondiale
chiffres du Ministère britannique de l'Intérieur, 1999

8 millions de personnes sont détenues dans le monde.
En 1999, Américains et Russes détiennent les taux de population carcérale les plus élevés du monde. En Russie, le taux d'incarcération de sa population est de 685/100.000 hab. Puis viennent les Etats-Unis qui, avec 1,8 millions de détenus, atteignent 645 selon ce ratio.
En Europe, Portugal et Grande-Bretagne (respectivement 145 et 125) ont la plus forte population carcérale, tandis que la Suède (60), l'Islande (40) et Chypre (35) ferment la marche. La France et l'Allemagne ont un taux avoisinant les 90.




Etats-Unis


France


Allemagne


Espagne


Pays-Bas


Finlande






Etats-Unis

Les femmes en prison : l'exemple des Etats-Unis
chiffres d'Amnesty-USA

Environ 138.000 femmes sont incarcérées aujourd'hui dans les prisons américaines.
Le nombre de femmes incarcérées a plus que triplé depuis 1985.
Le taux des femmes emprisonnées est passé de 6/100.000 en 1925 a 50/100.000 en 1999.
Environ 40% des femmes emprisonnées le sont pour violation de la loi concernant la drogue. 25% le sont pour crimes violents.
Le taux d'emprisonnement des femmes noires est 8 fois plus important que celui des femmes blanches.
Le taux d'emprisonnement des femmes hispaniques est presque 4 fois supérieur à celui des femmes blanches.
Environ 200.000 enfants âgés de moins de 18 ans ont une mère incarcérée.
1300 bébés sont nés en prison en 1997-1998 et plus de 2200 femmes enceintes étaient incarcérées.


Les Etats-Unis cristallisent les problèmes liés à l'incarcération des femmes

Discrimination raciale et sociale. Violation de l'intimité, abus sexuels, viols. Carences et conditions des soins.

Discrimination raciale et sociale

La discrimination raciale est inextricablement liée au problème du sexisme, contribuant à de nombreuses inégalités dans le domaine carcéral ou judiciaire.
Ainsi, parmi les femmes condamnées pour meurtre, la plupart l'ont été pour s'être défendues ou avoir défendu leurs enfants de violences ou d'abus conjugaux. Rien qu'en Californie, 800 femmes sont emprisonnées pour avoir tué leur agresseur dans des conditions relevant de la légitime défense. En outre, les peines de prison sont deux fois plus élevées pour les femmes ayant tué leur mari que pour les hommes ayant assassiné leur femme.
La discrimination sociale se double d'une discrimination raciale : les femmes noires ont deux fois plus de chance d'être condamnées pour le meurtre de leur mari que les femmes blanches. A cela s'ajoute qu'en moyenne, les femmes noires écopent de plus longues peines de prison et de plus fortes amendes que les femmes blanches, à crime égal.



Promiscuité, abus sexuels, viols

La surveillance de la détention des femmes est en majorité assurée par des gardiens hommes, en contradiction avec les normes internationales qui stipulent que la surveillance des prisonniers de sexe féminin doit être assurée par des gardiens de sexe féminin. 70% des gardiens dans les établissements fédéraux pour femmes sont des hommes. A titre de comparaison, 90% des gardiens surveillant les installations pour femmes au Canada sont de même sexe que les détenues.
La conséquence de la présence de ce personnel masculin est la violation de l'intimité des détenues, et les pratiques à caractère humiliant. Fouilles intimes des détenues, observation des détenues par vidéo, regards insistants pendant les douches...
Mais la conséquence la plus évidente de cette mixité est l'abus sexuel, voire le viol, souvent en toute impunité, mais pas toujours. Ainsi en 1988, la Women's High Security Unit de Lexington, KY, a dû fermer ses portes à la suite d'une intense campagne internationale de droits de l'homme. Pendant des années, les femmes étaient détenues dans d'insalubres cellules souterraines, soumises quotidiennement à des fouilles intimes, contraintes à rester éveillées plusieurs jours d'affilée (torture du sommeil). Les gardiens pratiquaient des sévices sexuels nombreux, des viols, scrutaient les détenues dans les douches, concourant ainsi à un déni total d'intimité.



Carences et conditions des soins

Les refus de soins médicaux sont répandus. De plus, les maladies sont mal diagnostiquées et des traitements inadéquats sont prescrits. Amnesty cite le cas d'une femme qui s'est plainte à plusieurs reprises d'une boule douloureuse sur la poitrine ; sa requête est restée sans réponse pendant presque une décennie ! Cette femme a finalement contracté un cancer du sein et un cancer de l'utérus, par non prise en compte de sa demande de soins.

Les négligences médicales concernant les femmes en prison sont nombreuses et soulèvent de grands problèmes sanitaires :
- Echec à recenser sérieusement les détenues malades, et retards dans la prescription des traitements. En 1996, seules 47% des femmes ont reçu un examen médical pour déterminer leur état de santé, et agir en conséquence.
- La recrudescence depuis dix ans de l'emprisonnement des femmes ne s'est pas accompagnée d'un renouvellement du personnel médical, et il apparaît que les assistants médicaux ne sont parfois pas qualifiés. Il en ressort de nombreux problèmes quant à l'aide à la fois sanitaire et psychologique dont ont besoin les femmes, notamment les femmes enceintes. Un rapport publié en 1994 par le National Institute of Corrections faisait état de l'inadaptation des services gynécologiques dans les prisons d'Etat. Seule une prison sur deux dispose d'un programme de soins spécifique pour les femmes. Les détenues souffrant d'asthme, de diabète, d'anémie, de cancer, de fausse couche... ont peu accès à l'attention médicale pourtant requise dans ces cas. En violation des normes internationales de droits de l'homme, les prisons justifient leur refus de prendre en compte les demandes de soins des détenues en avançant qu'il s'agit d'un subterfuge pour se soustraire au travail.
- Le problème du SIDA est préoccupant en prison, les traitements anti-douleurs étant pratiquement inaccessibles. L'aide psychologique est elle quasiment inexistante.
- On observe également un manque criant de soins pour les détenues connaissant des problèmes de drogue. Le nombre de femmes incarcérées relativement à des problèmes de drogue est en constante augmentation, tandis que le pourcentage de détenues recevant effectivement un traitement est passé de 40% en 1991 à 18% en 1997.
- De nombreuses restrictions physiques incluant des chaînes sont utilisées sur les détenues, y compris les femmes enceintes, au mépris des risques encourus par la mère ou le futur bébé. Amnesty cite le cas d'une femme qui est resté enchaînée alors qu'elle était sur le point d'accoucher. Même avec l'assistance des médecins, elle ne pouvait écarter assez les jambes pour permettre au petit de sortir, jusqu'à ce qu'un gardien décide finalement de déverrouiller les chaînes. L'enchaînement peut causer de graves complications lors de l'accouchement, comme des hémorragies. Si une césarienne s'avère indispensable, un simple délai de quelques minutes suffit à engendrer des séquelles cérébrales irréversibles sur le nouveau-né.
- Le confinement dans des cellules de 22 à 24 heures par jour entraîne chez les détenues un processus de dégénérescence mentale, à quoi s'ajoute le stress, les dérèglements psychologiques liés à la séparation de leur famille.


Les principales recommandations des ONG pour l'amélioration des conditions de détention des femmes :
- Les détenues souffrant de graves troubles mentaux doivent être incarcérées dans des centres psychiatriques et non dans des prisons.
- Les autorités doivent mettre en oeuvre un réel programme pour diagnostiquer les maladies dont souffrent les détenues dès leur admission en prison.
- Une prise en charge des soins médicaux est nécessaire, ainsi que la création de services spécifiques et compétents.


France

population du pays en 1999 : 60 millions
population carcérale totale : 92 653
taux pour 100 000 habitants : 90
population carcérale féminine : 2070
prévenues : 1046
condamnées : 1024

2 070 femmes, dont 1 046 prévenues et 1 024 condamnées, sont incarcérées au 1er décembre 1999. Les femmes représentent 3,8 % de la population carcérale, 10 % des personnes condamnées pour crime ou délit par la justice et 14 % des personnes mises en cause par les services de police judiciaire.
Plus d'une trentaine de mineures, dont six de moins de 16 ans, sont incarcérées avec les détenues majeures. Le nombre de mineur(e)s incarcéré(e)s est en hausse. Entre 1996 et 1997, l'augmentation est plus marquée chez les filles (+ 13 %) que pour les garçons (+ 7 %). Au 1er juillet 1999, 14 % des femmes détenues ont moins de 25 ans.
Au 1er octobre 1998, une femme détenue sur quatre est de nationalité étrangère.
Sur les 338 femmes incarcérées en octobre 1998 à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, 231 sont étrangères. Le code de procédure pénale ne prévoit pas de régime de détention spécifique pour les femmes, à l'exception des articles sur la présence des enfants de moins de 18 mois auprès de leur mère incarcérée. Les femmes détenues se voient appliquer la même réglementation que les hommes.
Les règles de séparation entre mineures et majeures ou prévenues et condamnées ne sont pas respectées. Les quarante-cinq mineures détenues au 1er juillet 1999 ne bénéficient d'aucun quartier spécifique et sont incarcérées ensemble avec les détenues majeures, en dépit d'une législation contraire qui prévoit que "les détenus âgés de moins de 21 ans doivent être séparés des adultes" (article D. 516 du code de procédure pénale).



Les entorses aux droits de l'Homme

De très nombreux cas de mauvais traitements sont dénoncés dans les locaux de garde à vue et les centres de rétention (injures machistes, conversation brutale à caractère sexuel, humiliations, fouilles intimes, violences corporelles, harcèlements sexuels, fellations forcées, viols collectifs). En juillet 1999, la France est le seul pays européen avec la Turquie à être condamnée pour torture par la Cour Européenne des Droits de l'Homme.
L'administration pénitentiaire présente d'importantes défaillances en matière de prévention du suicide et des interventions d'urgence (5 suicides et 41 tentatives depuis 1996) : le 11 septembre 1997, décès de Mme Debuine des suites d'une encéphalite aiguë, son traitement médical ayant été interrompu depuis son incarcération au centre pénitentiaire de Draguignan, en dépit de ses protestations.
Pour leur accouchement, les détenues sont transférées dans un hôpital public où elles restent en principe trois jours, sauf en cas de complications. Certaines femmes sont menottées et/ou entravées pendant leur transfert à l'hôpital. Certaines accouchent avec une main ou une jambe attachée au lit.
La surpopulation dans les prisons et le manque d'hygiène sont particulièrement inquiétants.


Allemagne

population du pays en 1999 : 85 millions
population carcérale totale : 75 716
taux pour 100 000 habitants
habitants : 92
population carcérale féminine : 3070
prévenues : 868
condamnées : 2202

3070 femmes, dont 2202 condamnées et 868 prévenues sont incarcérées en 1999. Les femmes représentent 4,5% de la population carcérale en Allemagne. Sur les 2202 femmes condamnées, 187 l'ont été alors qu'elles étaient mineures. Sur les 868 femmes prévenues, 52 sont mineures.

Les entorses aux droits de l'Homme

Aucun incident important n'a été recensé ces dernières années.
Néanmoins, de nombreuses affaires de violences sexuelles qui se sont produites il y a plusieurs années ont été prises en compte : remplacement du personnel masculin par des infirmières libérales à la suite d'agressions sexuelles sur détenues à l'hôpital pénitentiaire d'Holstenglacis à Hambourg (28 février et 15 septembre 1998) ; en juillet 1999, condamnation de l'ancien directeur de la prison pour femmes de Bühl (Bade-Wurtemberg) pour abus sexuels sur détenues.
Régulièrement, des interrogatoires musclés sont signalés.
Les infrastructures médicales sont très insuffisantes mais variables d'un établissement à l'autre. Les accouchements se font dans des hôpitaux civils si les infrastructures pénitentiaires ne le permettent pas. L'enchaînement lors de l'accouchement est prohibé.
Les principales points de contestation portent sur les conditions de détention très dures des femmes emprisonnées pour terrorisme.



Assistance juridique

Aucun accès généralisé à une assistance juridique gratuite n'est prévu. La plupart des femmes condamnées n'ont pas de contacts réguliers avec leur avocat(e) pour des raisons financières. Pour les femmes accusées de terrorisme, une cloison en plexiglas peut être imposée pour les consultations avec l'avocat(e). L'information sur le régime général de l'incarcération est généralement perçue comme insuffisante. Le problème se pose particulièrement pour les étrangères qui ne parlent pas l'allemand. Les possibilités de recevoir l'information dépendent du bon vouloir et des aptitudes linguistiques du personnel et des codétenues. A Brême, l'Université organise depuis la fin des années 1970 un service de conseil juridique pour les personnes détenues à la JVA de Brême, fonctionnant grâce à des étudiant(e)s en droit.

Espagne
chiffres pour l'année 2000


population du pays : 39 400 000
population carcérale totale : 45 409
taux pour 100 000 habitants
habitants : 115
population carcérale féminine : 3600
prévenues : 915 (au 17 septembre 1999)
condamnées : 2 685 (au 17 septembre 1999)

Les femmes représentent 8 % de la population carcérale totale. Sur les 3600 femmes détenues au 17 septembre 1999, 915 sont prévenues et 2 685 condamnées. Le nombre de femmes détenues a considérablement augmenté au cours de ces dernières années. La hausse a été de l'ordre de 800 % entre 1985 et 1997.



Entorses aux droits de l'Homme

Les femmes sont victimes de mauvais traitements, d'humiliations, de mise en isolement et de tortures. Les militantes basques sont dispersées individuellement ou par petits groupes vers les prisons de tout le territoire. Certaines d'entre elles se retrouvent seules dans une prison, de sorte que tout contact avec d'autres militantes leur soit impossible.
Les soins médicaux sont très insuffisants, de même que l'hygiène alimentaire.



Assistance juridique

Les avocats n'ont pas toujours la possibilité de s'entretenir en privé avec leurs clientes. Des dispositifs d'écoute existent dans les parloirs avocat, en dépit de l'article 101 du règlement pénitentiaire qui prévoit que "le contrôle par le fonctionnaire de service soit seulement visuel". La procédure légale de déclenchement du système d'écoute des parloirs n'est pas toujours respectée : les avocats et les détenues n'en sont pas toujours informés et l'autorisation préalable du juge de vigilance pénitentiaire (JVP) n'est pas toujours demandée. Pour enregistrer les conversations, les autorités s'appuient sur l'article 51 de la LOGP qui autorise des exceptions au principe de la liberté de communication pour des raisons de sécurité, dans l'intérêt du traitement des personnes détenues et du maintien de l'ordre dans l'établissement.
Les parloirs, notamment ceux de Carabanchel et de Nanclares de la Oca, ne permettent pas la confidentialité des entretiens. Ils sont aménagés de façon à rendre possible l'écoute de la conversation voisine.
Les détenues du quartier mère de Carabanchel ont rarement recours au JVP qui peut en principe être saisi par les détenues lors de chaque litige à l'intérieur de la prison. Elles ne semblent pas connaître le fonctionnement de cette procédure d'appel. Les demandes sont souvent rejetées. Les détenues sont peu informées sur leurs autorisations de sortie et leurs droits de recours en général. Les avocats seraient confrontés à de fréquents refus de rendez-vous de la part du JVG.


Pays-Bas
chiffres de 1997 et 1999


population du pays : 15 800 000
population carcérale totale : 12 060 (1997)
taux pour 100 000 habitants
habitants : 77 (1997)
population carcérale féminine : 625 (1999)
prévenues : nc
condamnées : nc

La population carcérale féminine représente près de 4 % de la population carcérale totale. 625 femmes sont incarcérées en 1999. 60 femmes dans des centres pour personnes étrangères en situation irrégulière, 40 femmes en détention spéciale, 105 femmes dans des institutions semi-ouvertes s'y ajoutent. De plus en plus de femmes sont condamnées à des peines de prison. Les condamnations à de longues peines augmentent. Le nombre de places pour les femmes passe de 134 en 1987 à 552 en 1998. La durée moyenne des séjours en détention double en dix ans : 3,2 mois en moyenne pour les condamnations en 1987 contre 6,4 en 1996.
La moitié des femmes détenues n'ont pas la nationalité hollandaise. Des cas de mauvais traitements et un viol sont relevés. Les conditions de détention sont difficiles à la prison de Koraal Specht à Curaçao, aux Antilles hollandaises. Les femmes étrangères en situation illégale ne sont pas informées sur la durée de leur détention. Les formes de punition alternatives à l'emprisonnement sont développées.
Les règles de séparation entre les hommes et les femmes, les majeures et les mineures, les condamnées et les prévenues sont généralement respectées. Le CPT observe en novembre 1997 qu'aucune disposition n'a été prise pour séparer les femmes et les hommes la nuit dans la zone d'attente situé au terminal 3 de l'aéroport Schiphol à Amsterdam. Ici sont retenues pendant quarante-huit heures maximum les personnes dont l'entrée sur le territoire a été refusée.
Une nouvelle loi sur les prisons entre en vigueur en janvier 1999. Le paragraphe concernant les relations entre la mère détenue et l'enfant en bas-âge est modifié en introduisant une formule neutre quant au genre des personnes en charge de l'enfant. Dans la plupart des cas, les femmes continuent à avoir la garde de l'enfant.
Les Pays-Bas font figure de pionnier européen quant à la libéralisation des mœurs. Les prisons n'échappent pas à la règle, puisque le pays favorise une politique d'alternatives à l'emprisonnement et d'aménagement des peines. L'objectif est de réduire la population carcérale (déjà faible) de moitié, par la promotion du travail d'intérêt général, la généralisation des bracelets électroniques…


Finlande
chiffres d'avril 1999


population du pays : 5 200 000
population carcérale totale : 2 869
taux pour 100 000
habitants : 55
population carcérale féminine : 120
prévenues : 18
condamnées : 102

120 femmes sont incarcérées au 16 avril 1999. Elles représentent 4,4 % de la population carcérale. Leur nombre est légèrement en baisse ces dernières années. 144 femmes en moyenne étaient détenues en 1997.
Dix-huit femmes sont en détention préventive. Six sont condamnées à perpétuité. Les actes de violence contre des personnes constituent le premier chef d'inculpation des femmes. Cinq femmes sont incarcérées pour non-paiement de factures, en 1999.
La Finlande fait figure de bon élève européen, les droits de l'Homme sont respectés dans les prisons, ainsi que les conventions internationales sur la séparation des détenues en fonction de leur âge, la séparation des hommes et des femmes. Au cours de deux visites, en 1992 et en juin 1998, le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) ne relève pas de cas connu de mauvais traitements au cours de détentions dans les commissariats ou dans les établissements pénitentiaires. Aucun cas de viol, d'abus sexuel ou de prostitution n'est connu.
Toute détenue passe un examen médical à son arrivée en prison, des tests de grossesse sont disponibles sur simple demande, les accouchements ont toujours lieu dans un hôpital civil, dans les mêmes conditions que les non-détenues, des cellules spéciales sont aménagées pour les mères ayant de enfants, les personnes détenues peuvent être libérées de façon anticipée pour des raisons médicales, des jouets sont disponibles pour les enfants rendant visite aux détenues, les femmes qui le souhaitent peuvent suivre des cours de formation…
Certaines alternatives à l'emprisonnement et aménagements de peine existent comme le travail d'intérêt général (TIG), les amendes et la libération conditionnelle.
Une fois purgée la moitié de leur sentence, les condamnées qui le demandent et dont le comportement le permet ont droit à six jours de congé dans leur famille tous les quatre mois, sans compter le déplacement.



Assistance juridique

Selon l'Enforcement of Sentences Act (chapitre 2, article 9), les visites des proches ou d'un avocat travaillant pour le compte de la détenue ou comme conseiller public peuvent être autorisées sans surveillance. Cette législation stipule également que les lettres d'une détenue envoyées à son avocat doivent être délivrées sans délai et sans être ouvertes.
Chaque détenue arrivant dans un établissement pénitentiaire reçoit un livret faisant état de ses droits et devoirs en prison. Le personnel informe également les détenues. Les détenues étrangères ont droit à un traducteur au cours des entrevues.